mercredi 2 avril 2008

Professionnel?

La question est remise sur la table de façon récurrente: le Rugby à XIII peut-il et doit-il devenir en France un sport professionnel à part entière? Sans chercher à répondre clairement à cette interrogation, notre cher président semble plutôt décidé à plaider une cause intermédiaire face au ministère. L'objectif: trouver des solutions pour les "petits" sports (surtout le notre en réalité) face aux exigences du professionnalisme. En clair aménager des conditions particulières pour que des clubs pauvres puissent payer des joueurs!

Diligenter sur le statut de sportif professionnel? Une convention collective régissant le statut du sportif professionnel existe déjà. Peu éloignée du droit commun, elle protège le sportif au minimum et clarifie les relations entre celui-ci et ses employeurs. Tous les sports sont logés à la même enseigne, et tous s'en sortent avec plus ou moins de réussite. Pour employer un salarié, il faut payer un salaire et des charges, le plus dur reste de trouver les ressources pour financer tout cela. Et c'est là que cela se complique.

Pendant longtemps, le sport pro était alimenté par un flux important de subventions publiques. Depuis quelques années, et afin de clarifier la donne, le législateur est intervenu pour empêcher les dérives de l'argent public. Puisque une partie du sport est professionnelle, que les clubs deviennent, pour au moins une partie de leur activité, des entreprises, que des capitaux privés peuvent y être rémunérés, il ne revient pas à la collectivité de supporter les charges inhérentes et de subventionner ce qui est devenue une activité commerciale.

Des subventions peuvent dons être accordés à des clubs pro pour des missions relevant généralement de la sphère associative dites "d'intérêt général" (Formation, sécurité, cohésion sociale,...). Mais attention, ces subventions n'ont en aucun cas vocation à financer le secteur professionnel et des contrôles sont normalement prévus pour éviter toute dérive.

Alors qui finance le sport pro me direz-vous? La télévision? C'est vrai pour le football (pour plus de la moitié), un peu moins pour le rugby à XV (environ le quart), c'est marginal ou inexistant pour les autres. Reste la billetterie qui fournit entre 10 et 20 % des ressources selon les disciplines; le merchandising, marginal en France; et...le sponsoring. Les chiffres sont implacables, que ce soit au Basket, au Volley, au Hand, au Hockey sur glace, au rugby à XV, le sponsoring représente le plus gros poste de recette, soit plus ou moins 50% du total. D'où vient donc l'argent de nos amis? De leurs partenaires. Le sport professionnel français aurait donc trouvé sa place dans l'univers économique et se serait affranchi du soutien économique des collectivités? A bien y regarder, la réponse est non, non, et encore non! Les collectivités sont et resteront le premier et principal partenaire des clubs professionnels, et cela pour deux raisons.

Tout d'abord, ce sont elles qui possèdent, en grande majorité, les installations (salles ou stades) qu'exploitent les clubs. Elles les construisent, les mettent à disposition et les entretiennent le plus souvent gratuitement ou à des prix défiant toutes concurrence! Sans ce soutien "logistique", peu de structures professionnelles pourraient exister.

Ensuite, et le législateur l'a bien compris, couper les robinet des ressources publiques plongerait le sport professionnel dans un déséquilibre financier certain. Donc, il a prévu que les structures professionnelles pourraient recevoir de la part des collectivités des fonds en contrepartie de "prestations de services" . Pour faire simple, la collectivité est mise au même rang que les partenaires privés devient un "sponsor" du club via l'achat de place, d'espaces publicitaires, etc...Ce qui était une subvention devient une prestation de service, mais l'argent coule toujours, et c'est bien là le principal! Je regardais Oyonnax / Toulon en Pro D2 il y a quelques semaines. Les panneaux autour du stade: conseil général de l'Ain. Sur les maillots? Conseil général, ville de Toulon,...Même réflexion en voyant les handballeurs de Montpellier en ligue des champions. Le sponsor maillot? Agglo de Montpellier! Et oui, dans la grande majorité des cas, le sponsor principal des clubs pros est la collectivité (en général un mix ville-agglo-département-région).

Pas très entrainant tout cela. Et nous, avec nos clubs implantés dans des petites villes et des départements modestes, qui peut donc nous financer? Et bien ces villes et ces départements modestes! Si la mutation des subventions en prestations de service a eu au moins un effet positif, c'est bien de pointer le rôle de support de communication que constitue un club pro. Et le sport reste un vecteur de communication relativement peu cher! Alors le rugby à XIII, c'est carrément du discount!

Qui sincèrement connaitrait Bourgoin-Jallieu sans son équipe de Rugby? Châteauroux sans son club de foot? Toulouse serait-elle aussi populaire sans le Stade? Les lensois aussi fier (le triste épisode du stade de France le rappelle encore) sans les sangs et or?

L'Aude, les PO, mais aussi le Tarn, le Vaucluse et les autres ont une carte à jouer dans cet univers là. Ce sont des départements qui tentent de développer leur offre touristique, mais aussi l'installation d'entreprises dites "vertes". Dans un tel contexte, la communication institutionnelle est devenue primordiale pour une ville ou un territoire désirant se dynamiser. Le raisonnement est également valable pour une zone urbaine (je pense à Corbeil par exemple) désirant se donner un coup de brosse.

Mais pour inspirer confiance, il faut proposer un produit séduisant. C'est là que le bas blesse. Notre championnat n'existe pas! Alors me direz-vous, toi qui possède toutes les solutions, engage-toi, amène ton expertise, ta prétentieuse connaissance. Et bien j'ai tenté de le faire, auprès des différentes instances représentatives de notre mouvement, dans les clubs au niveau local, chez les financeurs et autres acteurs de l'activité franco-treiziste. Apparemment, cela n'intéresse pas grand monde, mais le problème n'est pas là.

Etre professionnel ce n'est pas être riche, c'est penser en professionnel. La métamophorse ne peut se faire, commecelle de Kafka, en une nuit. Elle est la résultante d'un long processus qui voit aujourd'hui d'autres disciplines mineures sortir la tête de l'eau. Faut-il devenir professionnel? Nous n'avons pas le choix, le sport l'est devenu dans son ensemble. Est-ce possible? N'est impossible que ce que l'on se refuse à imaginer. En sommes nous capable? Là c'est moins sur, mais avec un peu de confiance et beaucoup de solidarité, bien des David ont renversé des montagnes...

jeudi 13 mars 2008

Microcosmos

Il existe une vallée au dessus de Nice, qui, encore il y a peu, était tellement enclavée que la consanguinité était devenue une sorte de pratique usuelle. Alors, certes, si fonder un foyer avec son frère ou son cousin avait quelque part un côté rassurant, les résultats de ne furent pas fameux. Tous les éleveurs de la race canine vous le diront: la consanguinité accélère l'apparition de tares et fragilise l'espèce. Si encore aujourd'hui quelques vestiges de cette époque perdurent dans la vallée de la Tinée, le désenclavement a permis ce que les généticiens appellent un brassage génétique, autrement dit, l'apport d'un peu de sang frais dans une région où il avait une facheuse tendance à tourner en rond.

Je sens bien ami lecteur que tu sens venir la métaphore a plein nez. Et bien oui, elle est si évidente: il manque de sang frais dans tout cela! Dans quoi? Dans nos dirigeants fédéraux, dans nos cadres techniques, chez nos amis dragons de catalogne,etc... Alors, je sais, bien de marottes sont venus puis reparties, laissant souvent des stigmates importants. Mais pourtant, et je te le répète, la consanguinité n'est pas bonne pour l'espèce.

Par exemple, si tu suis l'actualité, tu auras relevé qu'une bataille juridique s'engage entre les deux franges capitalistiques historiques des catalans. Cette bataille se fait sur fonds de crise sportivo-commercialo-financière et d'augmentation de capital exigée par les boss britanniques.
Cette augmentation ne pouvant se faire par incorporation des réserves, le club étant structurellement déficitaire, elle impose donc soit une remise au pot des actionnaires historiques, soit l'entrée de nouveaux partenaires. Dans les deux cas, hormis si chacun double simplement son engagement, cette modification du capital entraine dans le même temps une redistribution des pouvoirs au sein de la SASP Perpignan-St Estève-Méditerranée. Et c'est là que le nœud se noue: comment conserver le pouvoir quand l'on a peu d'argent ou le conquérir quand on en a un peu plus? La position de World Rugby League Limited est claire: la qualité actuelle du board et du management ne permet pas au club d'exprimer tout son potentiel. Celle de la bande à Bernard l'est également: l'identité catalane doit primer sur tout autre impératif. Ainsi proposait-il à l'automne, l'entrée d'un nouvel actionnaire dont les qualifications étaient, je cite: "Treiziste et ancien joueur éminent". Est-ce réellement suffisant pour amener un souffle nouveau dans un club professionnel? En attentant, le club fait du sit and go, il ne gagne pas, n'a pas de sponsor et les banquiers tirent la langue.

Autre exemple, à la fédé ce coup-ci. Après plus de 20 ans de règne bonneresque sur notre direction technique, nous sommes engagés depuis quelques temps maintenant dans celui d'un Ducuing qui est issu de la même école et, les faits le prouvent, ne fait pas preuve de plus grand génie. Les cadres techniques restent bien au chaud dans les régions, notre microcosmos vivote, mais la peur de l'étranger et le désir de conserver le maigre trésor dans la famille nous pousse encore une fois à la consanguinité. Le résultat: des effectifs qui toussotent et un niveau de jeu global qui lui s'écrase. Sais-tu, par exemple, que l'entrée pour un jeune dans une structure de haut niveau n'est pas le résultat d'une détection comme dans tous les sports mais que ce sont ces jeunes qui candidatent et prennent en charge le frais inhérents. Avec une telle politique, combien de Thierry Henri ou de Karim Benzema n'auraient jamais porté de maillot tricolore? Crois-tu vraiment que d'eux même ils seraient allé taper à la porte des centres de pré-formation si aucun recruteur n'était venu taper à celle de leurs parents et surtout, si aucun de ces centres n'avaient pris en charge leurs frais de scolarité?

Il est vrai que faire confiance n'est pas toujours sans risque et demande certaines prédispositions. Mais les treizistes s'en sortiront-ils tous seul? Et bien non! Mais paradoxalement, ils ne s'en sortiront pas en vendant leur âme au diable ou en espérant l'arrivée du messie. Alors comment faire? Se prendre en main en métissant les structures de compétences nouvelles, de femmes, de basketteurs, de pongistes ou d'anciens de chez Uniliver,... peu importe, tant que nous acceptons ne pas posséder certaines compétences et que nous acceptons de mettre les responsabilités dans les mains des gens qui eux, les possèdent.

Grandir n'est pas une tâche aisée, mais elle est plus facile quand le tronc est solide. La consanguinité a la fâcheuse tendance à fragiliser les organismes...

mardi 26 février 2008

Les immortels carburent à la MDMA

Pour les plus novices d'entre vous, la MDMA, ou le 3,4-méthylène-dioxy-méthylamphétamine, est le principe actif que l'on retrouve dans les pilules préférés des amateurs de technivals et accessoirement dans celles qui ont récemment garni les poches du meilleur joueur australien des trente dernières années, j'ai nommé Monsieur Joey, alias Andrew Johns.

Souvenez-vous de cet épisode rocambolesque. Carrière à peine terminée pour cause de blessure cervicale Joey se fait chopper à Londres avec quelques "pills" dans la poche. Honte sur lui et haro sur le Rugby à XIII. Pourtant, souviens toi, avant lui, bien d'autres avaient été confondus d'avoir abusé de diverses substances récréatives: l'ami Saylor, notre cher pilier franco-sudafricano-quinziste De Villier. Bernard Lama, Barthez...Extasy, cocaïne, cannabis, la liste est bien longue mais elle ressemble plus au Kit du post-adolescent fêtard qu'à celui d'un représentant de chez Balto.

Ne te méprend pas sur mon propos ami lecteur, ne me crois pas en train de faire l'apologie des substances psychotropes. Mais les sportifs sont des jeunes comme les autres... Mais quel rapport avec le dopage? Je t'avoue que je n'ai jamais essayé de jouer un match sous extas, mais j'en connais quelques-uns qui l'ont fait après avoir fumé un cône plus gros qu'un extrême de Mikko. Et bien le résultat n'était pas fameux...Alors en guise de dopage, tu reviendras.

Ce qui est plus grave, c'est qu'aucun cas de dopage, de vrai dopage, ne viennent perturber la bonne marche de nos championnats! Plutôt bon signe me diras-tu! Les contrôles existent et les joueurs se tiennent à carreau. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et les vaches sont bien gardées. Je n'en suis pourtant pas si sur!

Partout le têtes tombent, chez les danseuses du tour de France, les reines du sprint, les as du plongeoir. Au milieu de cette tempête, les sports collectifs, et le Rugby en particulier (je mets les deux codes dans le même sac), restent étonnamment épargnés. Quand l'on sait l'importance qu'a pris la dimension physique dans ces sports, on peut s'interroger sur la pertinence des contrôles .
C'est comme sur la route, s'il n'y en a pas un qui prend un PV de temps en temps, c'est que le radar est déréglé!

Alors je te pardonne Joey d'avoir été un jeune comme les autres. Je te pardonne même, n'ayant pas pu concourir moi même pour cause de nationalité française, d'avoir été élu le meilleur joueur australien des trois dernières décennies. Rugby League World semble décider à ouvrir à nouveau la liste des immortels. Tu deviendras à coup sur prochainement le 8ème Highlander ARlesque. Les générations futures se souviendront de tes exploits mais pas de cette petite anecdote. Elles se souviendrons peut-être malheureusement qu'à une époque, le dopage, le vrai, n'était resté qu'un problème subalterne et qu'une génération fut sacrifié aux exigences de la compétitions...

dimanche 24 février 2008

De jeudi à lundi, place à CARLAW PARK

Je m'excuse cher lecteur pour cette petite absence qui t'a, j'en suis sur, laissé sur ta fin. Pour te consoler, un article d'un lecteur du blog qui aurait du être en ligne jeudi, que j'ai reçu vendredi et que tu ne lieras qu'aujourd'hui...
Promis, dès demain , je mets les bouchées doubles...


Place à CARLAW PARK:

"La tâche que j'ai entreprise est immense Ce jeudi, jour de repos de Damodaran, j'ai décidé de l'aider à remplir son blog...Cet article de Treiziste sur le rugby à XIII , si je veux le mener au firmament, contiendra
des multitudes de réflexions tant la richesse de notre patrimoine comporte de sujets qui englobent notre existence. J'écris au hasard de ce qui me vient ,le petit doigt effleurant le conduit de mon oreille gauche, tout en songeant à Charlette Jones, cette femme flic américaine, demandant à un quadripléqique de se lever,afin d'effectuer une fouille au corps!! mais au refus évident d'optempérer,celle-ci de déverser le récalcitrant, comme une benne à ordures, le tout devant l'hilarité générale de ses collègues...... Résultat de cet exploit , 3 mois de mise à pied sans salaire ....Finalement , l'AGIP XIII, devrait aller s'essayer en Amérique, au rugby orthodoxe , ses joueurs seraient vite requalifiés, comme de tendres agneaux !! et comment ne pas proposer, après tout, d'autres le font , un droit de mémoire treiziste aux enfants de France ? La Shoah , l'antisémitisme; semblent des choses trop lourdes , pour nos chérubins, aux dires de spécialistes, alors sûrement , que l'histoire de Vichy, l'anti XIII primaire régnant, seraient des sujets plus légers, pour nos enfants ! et comment ne pas évoquer sans causer de XIII, cher lecteur ,un peu d'économie politique de notre rugby d'élite , notre LER bien aimée....nos dirigeants se sont certainement posés les questions et investis leur champ de réflexions, somme toutes naturelles:
Qu'entend-on réellement par joueur professionnel dans le rugby à XIII ? la notion n'est pas clairement définie d'un strict point de vue juridique. Lorsqu'on parle de joueurs pro dans le milieu du treize, on évoque ceux se consacrant exclusivement à ce sport, sans exercer parallèlement une activité professionnelle, scolaire ou universitaire.
Quel est, sportivement et économiquement, le format idéal pour le championnat ELITE LER?
De par la composition de ses organes de directions où- comme dans les autres ligues pros, la part belle est faite à des clubs, trop souvent en situation de juge et partie- la ligue LER disposera-t-elle vraiment de moyens"politiques", pour mener à bien un plan de développement à long terme ?
Le potentiel commercial de notre rugby est-il comparable à celui du Football? du XV ? ou à celui à priori plus modeste du basket ?
Comment réduire le fossé culturel entre les tenants du professionnalisme et partisans du "Rugby cassoulet" , rugby des villes , rugby des villages??
Enfin, et là est certainement la question centrale de l'esprit. Comment un club de LER devant s'attacher les services d'un effectif minimal de 25 joueurs peut-il raisonnablement faire de tous des professionnels à part entière?
Peut-être , un prochain jeudi , avec la permission de notre rédacteur en chef , nous essaierons tous ensemble d'apporter par une approche en termes d'offre et de demande de "spectacle rugbystique" s'appuyant sur l'analyse de chiffres-clés du rugby à treize français, quelques éléments de réponses à ces interrogations....mais il y a trop de sujets treizistes pour les aborder ce jeudi et je fais confiance à Damo, pour en développer un maximum , et la vie est trop courte। Je ne dois pas faire de choix, mais me laisser entraîner par mon humeur ,tout en tenant compte des décalages horaires, car la dernière minute du XIII en France n'est pas la dernière minute à la Réunion où à Maurice qui sont deux heures en avance sur notre temps!!! et que dire alors de nos amis du XIII en Australie ??? être en avance sur son temps ! voilà une chose intéressante pour notre rugby... chose qui n'est pas aisée , mais c'est un autre sujet !"


CARLAW PARK

mardi 19 février 2008

Ne sois pas jaloux Rodolphe

Mon cher commentateur préféré,

je t'ai senti un peu jaloux hier matin en visionnant la redif du direct de samedi.

Comment çà, un blogger fou s'était entiché du seul sieur Hervé, du troisième larron de la bande, de celui que l'on n'entend que quand toi même tu le décides? Et toi, le seul vrai journaliste, le pro de l'équipe, le guide de toutes ces âmes tu avais été ignoré. Quelle injustice! Pire, quel affront!

Et bien je suis décidé aujourd'hui à réparer cette cruelle injustice, cet ignoble affront, à te rendre le rang qui n'aurait jamais du cesser d'être le tien, du patron, de l'irremplaçable, de l'inimitable, celui du number one, j'ai nommé Monsieur Rodolphe Pires!

Mais comprends ma position mon cher Rodolphe! Ce n'est pas que rendre hommage à ton immense talent n'était pas une priorité dans ma vie, que je ne reconnaisse pas à sa juste valeur tout le talent que tu déploies jours après jours pour embellir le rugby à XIII. Et bien non, rien de tout cela, c'est, et je ne peux que l'avouer, c'est......que j'avais peur!

J'avais peur. Une peur bleue! La peur de me confronter au spécialiste de la discipline, au roi de la ritournelle, des envolées lyriques, des calembours et autres bons mots de qualité supérieure. Ecoutez-le commenter un Hull KR- Dragons comme s'il s'agissait de la finale de la coupe du monde. Souvenez-vous de sa rubrique dans feu Treiz-mag, un astucieux mélange de Céline et de Frédéric Dard, une rubrique tellement culte qu'à côté d'elle, celle de Philippe Guillard dans l'Equipe mag fait figure de rédaction de CM1. Vous comprendrez ma réticence.

Comment rendre hommage celui qui a contribué autant, si ce n'est plus, que les Dragons Catalans à populariser notre belle discipline dans l'hexagone? Certains ont même ouvert des rubriques sur notre forum national (en attendant d'ouvrir des rayons dans les bibliothèques) de ses plus mémorables faits de gloires. Il se murmure même que quelques mamies en pays tarnais ont transformé leur cave en chapelle à la gloire à l'enfant du pays...

Alors aujourd'hui, aujourd'hui que mon complexe d'infériorité à cessé, que moi aussi je commence à entrevoir le début d'un frémissement de reconnaissance populaire, je me lance. Hommage à toi Rodophe, que tu sois réintroduit au rang qui est le tien!

Mais alors, quel surnom te trouver? Comment qualifier ton travail, cerner ton challenge chevaleresque: tenter de battre à chaque instant le record du monde de mots prononcés en une minute tout en sortant au minimum une connerie aussi innovante que mémorable dans le même laps de temps. La vitesse n'étant pas ton seul atout, il faut lui adjoindre un souffle, un enthousiasme communicatif qui fait se lever les paraplégiques, se redresser la partie la plus intimes des treizistes sous Viagra, qui fait gicler les bières des gobelets et fracasser les fauteuils des salons audois.

Tu es au service des sports de canal + ce que ton maitre est à la police française, au téléspectateur treiziste ce qu'il est à la gente féminine, à Louis ce qu'il est à son Béru:

tu es le San Antonio de la Rugby League!

Et puisque Loulou ne ressemble guère à ce cher Béru, et que finalement il va devenir jaloux celui-là aussi, on s'occupera de son cas dans un prochain épisode!

La franchise et la moustache

Nouvelle de dernière minute: une énième clause vient enchérir la liste des critères d'admission à la Super League XIV. Après l'évaluation des infrastructures, des finances, du potentiel commercial, des résultats et du potentiel sportif, un nouvel élément vient perturber les débats: la moustache du président.
Et bien oui, Lewis a tranché. Afin de donner une chance supplémentaire à l'élégance et à d'originalité, la qualité de la moustache présidentielle devient le critère discriminant, celui qui tranchera les débats en cas de photo finish à l'issue du sprint final.

Alors bonne nouvelle pour nos Dupond et Dupont nationaux, car il faut avouer, que ce soit du côté du roi de le viande en gros en Roussillon ou ce celui du sifflet dans la cité rose, la moustache est érigée en art sacré.
Et ce détail pourrait faire la différence dans la dernière ligne droite tant les débats s'annoncent serrés et les épines ardues.

Côté stade, Ne soyons pas langue de bois, pour l'instant, Brutus n'est pas une enceinte formidable, mais il y a pire en Super League. Alors bien sur, un séduisant projet de modernisation est dans le pipe, mais comme ailleurs, et il est conditionné à l'obtention de la franchise! Wait and see, mais la balle est dans le camps catalan.
Toulouse, sur cet aspect là, pourrait avoir eu un avantage non négligeable si elle se décidait à implanter son squad à Ernest Vallon. Je ne connais pas les détails de l'histoire ni la position des propriétaires, mais pour le coup, ce stade est un modèle du genre et sans commune mesure avec ce que peut offrir les Minimes rénovés ou Bendichou.

Côté finance, l'équation se complique. La Super League, c'est de la Big Money: au moins 3 M£ pour rentrer et 1 à 2 supplémentaire pour commencer à être vraiment compétitif. Alors bien sur Dupond, nous annonce la signature d'un partenaire maillot international et d'un partenaire financier du même acabit. Une bonne nouvelle , mais finaliser tout cela quinze jours après le début de la compétition, après 5 mois d'intersaison où tu n'as que ça à faire, cela ne fait pas très sérieux! Je connais peu d'équipes du Tour de France qui prennent le départ du prologue en se disant qu'ils signeront surement un sponsor d'ici à ce que les Alpes soient au menu. Autant les deux premières années, les erreurs de rodages étaient plus ou moins excusable, autant en cette troisième saison, celle de la maturité, elles sonnent comme un échec cuisant de pénétrer le monde du sport business.
Dans le cité rose, le mystère demeure. Le socle des partenaires est impressionnant, le tissus économique un des plus dynamiques de France, mais tant que les auditeurs de Deloitte n'auront pas épluché les garanties réelles, toutes ces promesses ne continueront à engager que ceux qui les ont entendues. Souvenons-nous qu'il y a quelques mois, le bateau du TO prenait l'eau, et que cap'tain Dupont a du revenir mettre de l'ordre dans la maison. Les partenaires ont mis la main à la poche, mais surtout, il a été obligé de dégraisser. Exit le contingent australien, place aux jeunes. Alors bien sur on prépare l'avenir mais avouons-le, on comble aussi les déficits!

Reste le potentiel joueurs: il y a-t-il assez de joueurs en France pour former la moitié de deux équipes de Super League. Et encore une fois la réponse est ambigue: pas aujourd'hui mais demain oui! Le TO a fait un effort considérable en lançant la procédure de labélisation de son centre de formation. Les dragons ont joué la carte LER, ils regretteront bientôt de ne pas avoir joué celle de l'Academy. Nous le voyons, ce qui manque à nos français, ce sont surtout la vitesse et la capacité d'animation. Sur ces deux points, le championnat Academy est largement au dessus du notre!

Alors les acolytes à moustache auront-ils à user de leur arme fatale d'ici l'été pour faire pencher la balance?...je ne l'espère pas.
Mais tu connais bien ma position, je ne rêve pas d'un second club en Super League, pas en 2009 en tout cas.
Je rêve d'un coup de pouce financier et humain des riches toulousains aux plus ruraux catalans, de la consolidation d'un club avec une vraie identité française. Je rêve que Dupont se remette rapidement de son échec et mette toute son énergie à monter en France un compétition semi-pro digne de ce nom! Je rêve de représenter un dossier en 2011 quand le Dragons (ou Toulouse tant les postions pourraient-être interchangeables) auront joués deux play-off et une finale. Je rêve d'un vrai championnat européen et d'un vrai rapport égalitaire avec les british.

Je rêve d'une association constructive Dupond - Dupont. En attendant, on compte sur leur moustache...

lundi 18 février 2008

Crocodile Dundee et le Vegemite

Le premier australien que j'ai rencontré s'appelait Dundee, Crocodile Dundee. Pas commode le bonhomme, c'est vrai que se farcir un troupeau crocodiles entre deux bastons et trois pintes de Lager, faut la santé quand même! OK, c'était à la télé, mais une rencontre comme ça, çà marque!

Alors pendant quelques années ç'a été ça un australien pour moi, un herzatz de cowboy portant un débardeur en sky et se curant les dents avec un couteau plus gros que ma tronçonneuse. Je te passe aisément les commentaires sur son hygiène douteuse, son alcoolisme notoire (quoi que sur ce point là je n'ai guère changé d'avis), ses drôles de chapeaux et son sens inné de la galanterie...

Et puis vint l'ère de la télévision satellite et de la révolution Internet. Le monde devint un petit village mais surtout (car le reste, on est bien d'accord, on s'en balance) on découvrit la NRL. Les stars de l"époque s'appelaient Laurey Daley, Bradd Fittler, Paul Harragon ou Andrew Ettingshausen. C'est vrai que le choc fut brutal. Ces australiens là portaient des maillots brillants et même pas de couteaux à la ceinture. Et plus que tout, ils semblaient plutôt civilisés. Pourtant, à bien les regarder, vous leur auriez mis le fameux débardeur et rendu leur couteau, pour sur qu'ils l'auraient bouffé votre crocodile!

Mais dans quoi sont taillés ces bonshommes? Dans quel bois exotique? Dans quel roche minérale? Quel est donc le secret inavouable qui rend les gens qui marchent la tête en bas plus gaillards que ceux qui marchent la tête en haut?

Le Vegemite! Le Vé-gé-quoi? Le Vé-gé-mite en français? Tu ne connais pas le Vegemite petit gaulois? Alors c'est normal que tu sois taillé comme une crevette et bon pour rien au Rugby à XIII. Le Vegemite c'est de la dynamite, du concentré de Bushman, la potion des druides du Queensland, c'est....dégueulasse.
Prends un pot de Nutella, rajoutes-y un demi kilo de sel, une louche de goudron et une autre de graisse de canard: tu viens de réinventer le Vegemite. Quand t'as bouffer çà cher lecteur, et surtout quand il n'est pas ressorti aussitôt par l'endroit par lequel il est entré, plus rien ne peut t'arriver. C'est tellement affreux que tu préfèreras largement aller décimer à main nue une pleine famille de crocodiles, braver les vagues géantes de Bell's beach ou jouer un State of Origin que d'y retourner.

La pub te dis que la potion te rend fort car elle est riche en vitamine B. Mais c'est de la pure propagande. Le Vegemite fait de toi un homme car en manger c'est la punition suprême: pour éviter d'en avaler tu es prêt, je te jure, à te plier aux châtiments les plus horribles.

T'imagine la scène chez les Tallis:
-Gordon, si tu me coupe pas ce tas de bois à mains nues, tu finis ton Vegemite!
-Oh non mum, tout mais pas çà!
Deux heures après, le mère Tallis avait deux stères de bois en 50 bien rangées dans son garage. Tu m'étonnes que le brave ait décimé dix ans durant tout ce que la planète treiziste comptait de vaillants guerriers.

Alors rangez vos pots de créatines, vos barres de prot, vos ampoules plus ou moins douteuses et autres pilules du docteur Puerto...si l'on veut des treizistes à la hauteur de Crocodile Dundee, investissons dans le Vegemite!