mardi 26 février 2008

Les immortels carburent à la MDMA

Pour les plus novices d'entre vous, la MDMA, ou le 3,4-méthylène-dioxy-méthylamphétamine, est le principe actif que l'on retrouve dans les pilules préférés des amateurs de technivals et accessoirement dans celles qui ont récemment garni les poches du meilleur joueur australien des trente dernières années, j'ai nommé Monsieur Joey, alias Andrew Johns.

Souvenez-vous de cet épisode rocambolesque. Carrière à peine terminée pour cause de blessure cervicale Joey se fait chopper à Londres avec quelques "pills" dans la poche. Honte sur lui et haro sur le Rugby à XIII. Pourtant, souviens toi, avant lui, bien d'autres avaient été confondus d'avoir abusé de diverses substances récréatives: l'ami Saylor, notre cher pilier franco-sudafricano-quinziste De Villier. Bernard Lama, Barthez...Extasy, cocaïne, cannabis, la liste est bien longue mais elle ressemble plus au Kit du post-adolescent fêtard qu'à celui d'un représentant de chez Balto.

Ne te méprend pas sur mon propos ami lecteur, ne me crois pas en train de faire l'apologie des substances psychotropes. Mais les sportifs sont des jeunes comme les autres... Mais quel rapport avec le dopage? Je t'avoue que je n'ai jamais essayé de jouer un match sous extas, mais j'en connais quelques-uns qui l'ont fait après avoir fumé un cône plus gros qu'un extrême de Mikko. Et bien le résultat n'était pas fameux...Alors en guise de dopage, tu reviendras.

Ce qui est plus grave, c'est qu'aucun cas de dopage, de vrai dopage, ne viennent perturber la bonne marche de nos championnats! Plutôt bon signe me diras-tu! Les contrôles existent et les joueurs se tiennent à carreau. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et les vaches sont bien gardées. Je n'en suis pourtant pas si sur!

Partout le têtes tombent, chez les danseuses du tour de France, les reines du sprint, les as du plongeoir. Au milieu de cette tempête, les sports collectifs, et le Rugby en particulier (je mets les deux codes dans le même sac), restent étonnamment épargnés. Quand l'on sait l'importance qu'a pris la dimension physique dans ces sports, on peut s'interroger sur la pertinence des contrôles .
C'est comme sur la route, s'il n'y en a pas un qui prend un PV de temps en temps, c'est que le radar est déréglé!

Alors je te pardonne Joey d'avoir été un jeune comme les autres. Je te pardonne même, n'ayant pas pu concourir moi même pour cause de nationalité française, d'avoir été élu le meilleur joueur australien des trois dernières décennies. Rugby League World semble décider à ouvrir à nouveau la liste des immortels. Tu deviendras à coup sur prochainement le 8ème Highlander ARlesque. Les générations futures se souviendront de tes exploits mais pas de cette petite anecdote. Elles se souviendrons peut-être malheureusement qu'à une époque, le dopage, le vrai, n'était resté qu'un problème subalterne et qu'une génération fut sacrifié aux exigences de la compétitions...

dimanche 24 février 2008

De jeudi à lundi, place à CARLAW PARK

Je m'excuse cher lecteur pour cette petite absence qui t'a, j'en suis sur, laissé sur ta fin. Pour te consoler, un article d'un lecteur du blog qui aurait du être en ligne jeudi, que j'ai reçu vendredi et que tu ne lieras qu'aujourd'hui...
Promis, dès demain , je mets les bouchées doubles...


Place à CARLAW PARK:

"La tâche que j'ai entreprise est immense Ce jeudi, jour de repos de Damodaran, j'ai décidé de l'aider à remplir son blog...Cet article de Treiziste sur le rugby à XIII , si je veux le mener au firmament, contiendra
des multitudes de réflexions tant la richesse de notre patrimoine comporte de sujets qui englobent notre existence. J'écris au hasard de ce qui me vient ,le petit doigt effleurant le conduit de mon oreille gauche, tout en songeant à Charlette Jones, cette femme flic américaine, demandant à un quadripléqique de se lever,afin d'effectuer une fouille au corps!! mais au refus évident d'optempérer,celle-ci de déverser le récalcitrant, comme une benne à ordures, le tout devant l'hilarité générale de ses collègues...... Résultat de cet exploit , 3 mois de mise à pied sans salaire ....Finalement , l'AGIP XIII, devrait aller s'essayer en Amérique, au rugby orthodoxe , ses joueurs seraient vite requalifiés, comme de tendres agneaux !! et comment ne pas proposer, après tout, d'autres le font , un droit de mémoire treiziste aux enfants de France ? La Shoah , l'antisémitisme; semblent des choses trop lourdes , pour nos chérubins, aux dires de spécialistes, alors sûrement , que l'histoire de Vichy, l'anti XIII primaire régnant, seraient des sujets plus légers, pour nos enfants ! et comment ne pas évoquer sans causer de XIII, cher lecteur ,un peu d'économie politique de notre rugby d'élite , notre LER bien aimée....nos dirigeants se sont certainement posés les questions et investis leur champ de réflexions, somme toutes naturelles:
Qu'entend-on réellement par joueur professionnel dans le rugby à XIII ? la notion n'est pas clairement définie d'un strict point de vue juridique. Lorsqu'on parle de joueurs pro dans le milieu du treize, on évoque ceux se consacrant exclusivement à ce sport, sans exercer parallèlement une activité professionnelle, scolaire ou universitaire.
Quel est, sportivement et économiquement, le format idéal pour le championnat ELITE LER?
De par la composition de ses organes de directions où- comme dans les autres ligues pros, la part belle est faite à des clubs, trop souvent en situation de juge et partie- la ligue LER disposera-t-elle vraiment de moyens"politiques", pour mener à bien un plan de développement à long terme ?
Le potentiel commercial de notre rugby est-il comparable à celui du Football? du XV ? ou à celui à priori plus modeste du basket ?
Comment réduire le fossé culturel entre les tenants du professionnalisme et partisans du "Rugby cassoulet" , rugby des villes , rugby des villages??
Enfin, et là est certainement la question centrale de l'esprit. Comment un club de LER devant s'attacher les services d'un effectif minimal de 25 joueurs peut-il raisonnablement faire de tous des professionnels à part entière?
Peut-être , un prochain jeudi , avec la permission de notre rédacteur en chef , nous essaierons tous ensemble d'apporter par une approche en termes d'offre et de demande de "spectacle rugbystique" s'appuyant sur l'analyse de chiffres-clés du rugby à treize français, quelques éléments de réponses à ces interrogations....mais il y a trop de sujets treizistes pour les aborder ce jeudi et je fais confiance à Damo, pour en développer un maximum , et la vie est trop courte। Je ne dois pas faire de choix, mais me laisser entraîner par mon humeur ,tout en tenant compte des décalages horaires, car la dernière minute du XIII en France n'est pas la dernière minute à la Réunion où à Maurice qui sont deux heures en avance sur notre temps!!! et que dire alors de nos amis du XIII en Australie ??? être en avance sur son temps ! voilà une chose intéressante pour notre rugby... chose qui n'est pas aisée , mais c'est un autre sujet !"


CARLAW PARK

mardi 19 février 2008

Ne sois pas jaloux Rodolphe

Mon cher commentateur préféré,

je t'ai senti un peu jaloux hier matin en visionnant la redif du direct de samedi.

Comment çà, un blogger fou s'était entiché du seul sieur Hervé, du troisième larron de la bande, de celui que l'on n'entend que quand toi même tu le décides? Et toi, le seul vrai journaliste, le pro de l'équipe, le guide de toutes ces âmes tu avais été ignoré. Quelle injustice! Pire, quel affront!

Et bien je suis décidé aujourd'hui à réparer cette cruelle injustice, cet ignoble affront, à te rendre le rang qui n'aurait jamais du cesser d'être le tien, du patron, de l'irremplaçable, de l'inimitable, celui du number one, j'ai nommé Monsieur Rodolphe Pires!

Mais comprends ma position mon cher Rodolphe! Ce n'est pas que rendre hommage à ton immense talent n'était pas une priorité dans ma vie, que je ne reconnaisse pas à sa juste valeur tout le talent que tu déploies jours après jours pour embellir le rugby à XIII. Et bien non, rien de tout cela, c'est, et je ne peux que l'avouer, c'est......que j'avais peur!

J'avais peur. Une peur bleue! La peur de me confronter au spécialiste de la discipline, au roi de la ritournelle, des envolées lyriques, des calembours et autres bons mots de qualité supérieure. Ecoutez-le commenter un Hull KR- Dragons comme s'il s'agissait de la finale de la coupe du monde. Souvenez-vous de sa rubrique dans feu Treiz-mag, un astucieux mélange de Céline et de Frédéric Dard, une rubrique tellement culte qu'à côté d'elle, celle de Philippe Guillard dans l'Equipe mag fait figure de rédaction de CM1. Vous comprendrez ma réticence.

Comment rendre hommage celui qui a contribué autant, si ce n'est plus, que les Dragons Catalans à populariser notre belle discipline dans l'hexagone? Certains ont même ouvert des rubriques sur notre forum national (en attendant d'ouvrir des rayons dans les bibliothèques) de ses plus mémorables faits de gloires. Il se murmure même que quelques mamies en pays tarnais ont transformé leur cave en chapelle à la gloire à l'enfant du pays...

Alors aujourd'hui, aujourd'hui que mon complexe d'infériorité à cessé, que moi aussi je commence à entrevoir le début d'un frémissement de reconnaissance populaire, je me lance. Hommage à toi Rodophe, que tu sois réintroduit au rang qui est le tien!

Mais alors, quel surnom te trouver? Comment qualifier ton travail, cerner ton challenge chevaleresque: tenter de battre à chaque instant le record du monde de mots prononcés en une minute tout en sortant au minimum une connerie aussi innovante que mémorable dans le même laps de temps. La vitesse n'étant pas ton seul atout, il faut lui adjoindre un souffle, un enthousiasme communicatif qui fait se lever les paraplégiques, se redresser la partie la plus intimes des treizistes sous Viagra, qui fait gicler les bières des gobelets et fracasser les fauteuils des salons audois.

Tu es au service des sports de canal + ce que ton maitre est à la police française, au téléspectateur treiziste ce qu'il est à la gente féminine, à Louis ce qu'il est à son Béru:

tu es le San Antonio de la Rugby League!

Et puisque Loulou ne ressemble guère à ce cher Béru, et que finalement il va devenir jaloux celui-là aussi, on s'occupera de son cas dans un prochain épisode!

La franchise et la moustache

Nouvelle de dernière minute: une énième clause vient enchérir la liste des critères d'admission à la Super League XIV. Après l'évaluation des infrastructures, des finances, du potentiel commercial, des résultats et du potentiel sportif, un nouvel élément vient perturber les débats: la moustache du président.
Et bien oui, Lewis a tranché. Afin de donner une chance supplémentaire à l'élégance et à d'originalité, la qualité de la moustache présidentielle devient le critère discriminant, celui qui tranchera les débats en cas de photo finish à l'issue du sprint final.

Alors bonne nouvelle pour nos Dupond et Dupont nationaux, car il faut avouer, que ce soit du côté du roi de le viande en gros en Roussillon ou ce celui du sifflet dans la cité rose, la moustache est érigée en art sacré.
Et ce détail pourrait faire la différence dans la dernière ligne droite tant les débats s'annoncent serrés et les épines ardues.

Côté stade, Ne soyons pas langue de bois, pour l'instant, Brutus n'est pas une enceinte formidable, mais il y a pire en Super League. Alors bien sur, un séduisant projet de modernisation est dans le pipe, mais comme ailleurs, et il est conditionné à l'obtention de la franchise! Wait and see, mais la balle est dans le camps catalan.
Toulouse, sur cet aspect là, pourrait avoir eu un avantage non négligeable si elle se décidait à implanter son squad à Ernest Vallon. Je ne connais pas les détails de l'histoire ni la position des propriétaires, mais pour le coup, ce stade est un modèle du genre et sans commune mesure avec ce que peut offrir les Minimes rénovés ou Bendichou.

Côté finance, l'équation se complique. La Super League, c'est de la Big Money: au moins 3 M£ pour rentrer et 1 à 2 supplémentaire pour commencer à être vraiment compétitif. Alors bien sur Dupond, nous annonce la signature d'un partenaire maillot international et d'un partenaire financier du même acabit. Une bonne nouvelle , mais finaliser tout cela quinze jours après le début de la compétition, après 5 mois d'intersaison où tu n'as que ça à faire, cela ne fait pas très sérieux! Je connais peu d'équipes du Tour de France qui prennent le départ du prologue en se disant qu'ils signeront surement un sponsor d'ici à ce que les Alpes soient au menu. Autant les deux premières années, les erreurs de rodages étaient plus ou moins excusable, autant en cette troisième saison, celle de la maturité, elles sonnent comme un échec cuisant de pénétrer le monde du sport business.
Dans le cité rose, le mystère demeure. Le socle des partenaires est impressionnant, le tissus économique un des plus dynamiques de France, mais tant que les auditeurs de Deloitte n'auront pas épluché les garanties réelles, toutes ces promesses ne continueront à engager que ceux qui les ont entendues. Souvenons-nous qu'il y a quelques mois, le bateau du TO prenait l'eau, et que cap'tain Dupont a du revenir mettre de l'ordre dans la maison. Les partenaires ont mis la main à la poche, mais surtout, il a été obligé de dégraisser. Exit le contingent australien, place aux jeunes. Alors bien sur on prépare l'avenir mais avouons-le, on comble aussi les déficits!

Reste le potentiel joueurs: il y a-t-il assez de joueurs en France pour former la moitié de deux équipes de Super League. Et encore une fois la réponse est ambigue: pas aujourd'hui mais demain oui! Le TO a fait un effort considérable en lançant la procédure de labélisation de son centre de formation. Les dragons ont joué la carte LER, ils regretteront bientôt de ne pas avoir joué celle de l'Academy. Nous le voyons, ce qui manque à nos français, ce sont surtout la vitesse et la capacité d'animation. Sur ces deux points, le championnat Academy est largement au dessus du notre!

Alors les acolytes à moustache auront-ils à user de leur arme fatale d'ici l'été pour faire pencher la balance?...je ne l'espère pas.
Mais tu connais bien ma position, je ne rêve pas d'un second club en Super League, pas en 2009 en tout cas.
Je rêve d'un coup de pouce financier et humain des riches toulousains aux plus ruraux catalans, de la consolidation d'un club avec une vraie identité française. Je rêve que Dupont se remette rapidement de son échec et mette toute son énergie à monter en France un compétition semi-pro digne de ce nom! Je rêve de représenter un dossier en 2011 quand le Dragons (ou Toulouse tant les postions pourraient-être interchangeables) auront joués deux play-off et une finale. Je rêve d'un vrai championnat européen et d'un vrai rapport égalitaire avec les british.

Je rêve d'une association constructive Dupond - Dupont. En attendant, on compte sur leur moustache...

lundi 18 février 2008

Crocodile Dundee et le Vegemite

Le premier australien que j'ai rencontré s'appelait Dundee, Crocodile Dundee. Pas commode le bonhomme, c'est vrai que se farcir un troupeau crocodiles entre deux bastons et trois pintes de Lager, faut la santé quand même! OK, c'était à la télé, mais une rencontre comme ça, çà marque!

Alors pendant quelques années ç'a été ça un australien pour moi, un herzatz de cowboy portant un débardeur en sky et se curant les dents avec un couteau plus gros que ma tronçonneuse. Je te passe aisément les commentaires sur son hygiène douteuse, son alcoolisme notoire (quoi que sur ce point là je n'ai guère changé d'avis), ses drôles de chapeaux et son sens inné de la galanterie...

Et puis vint l'ère de la télévision satellite et de la révolution Internet. Le monde devint un petit village mais surtout (car le reste, on est bien d'accord, on s'en balance) on découvrit la NRL. Les stars de l"époque s'appelaient Laurey Daley, Bradd Fittler, Paul Harragon ou Andrew Ettingshausen. C'est vrai que le choc fut brutal. Ces australiens là portaient des maillots brillants et même pas de couteaux à la ceinture. Et plus que tout, ils semblaient plutôt civilisés. Pourtant, à bien les regarder, vous leur auriez mis le fameux débardeur et rendu leur couteau, pour sur qu'ils l'auraient bouffé votre crocodile!

Mais dans quoi sont taillés ces bonshommes? Dans quel bois exotique? Dans quel roche minérale? Quel est donc le secret inavouable qui rend les gens qui marchent la tête en bas plus gaillards que ceux qui marchent la tête en haut?

Le Vegemite! Le Vé-gé-quoi? Le Vé-gé-mite en français? Tu ne connais pas le Vegemite petit gaulois? Alors c'est normal que tu sois taillé comme une crevette et bon pour rien au Rugby à XIII. Le Vegemite c'est de la dynamite, du concentré de Bushman, la potion des druides du Queensland, c'est....dégueulasse.
Prends un pot de Nutella, rajoutes-y un demi kilo de sel, une louche de goudron et une autre de graisse de canard: tu viens de réinventer le Vegemite. Quand t'as bouffer çà cher lecteur, et surtout quand il n'est pas ressorti aussitôt par l'endroit par lequel il est entré, plus rien ne peut t'arriver. C'est tellement affreux que tu préfèreras largement aller décimer à main nue une pleine famille de crocodiles, braver les vagues géantes de Bell's beach ou jouer un State of Origin que d'y retourner.

La pub te dis que la potion te rend fort car elle est riche en vitamine B. Mais c'est de la pure propagande. Le Vegemite fait de toi un homme car en manger c'est la punition suprême: pour éviter d'en avaler tu es prêt, je te jure, à te plier aux châtiments les plus horribles.

T'imagine la scène chez les Tallis:
-Gordon, si tu me coupe pas ce tas de bois à mains nues, tu finis ton Vegemite!
-Oh non mum, tout mais pas çà!
Deux heures après, le mère Tallis avait deux stères de bois en 50 bien rangées dans son garage. Tu m'étonnes que le brave ait décimé dix ans durant tout ce que la planète treiziste comptait de vaillants guerriers.

Alors rangez vos pots de créatines, vos barres de prot, vos ampoules plus ou moins douteuses et autres pilules du docteur Puerto...si l'on veut des treizistes à la hauteur de Crocodile Dundee, investissons dans le Vegemite!

dimanche 17 février 2008

La tribune est-elle à moitié vide ou à moitié pleine?

Quelle gueule de bois ce matin! Non seulement les Dragons ont perdu, mais je n'ai même pas vu le match. En lieu et place, une bande d'énergumènes alcoolisés m'a forcer à ingurgiter des heures durant tout un tas de potions plus douteuses les une que les autres. Alors entre tous ces épreuves, tu comprends bien que j'ai quelque peu mal à la tête! Tu n'auras donc pas de compte rendu aujourd'hui mon cher lecteur. Toutefois, si comme moi, tu as manqué la grande messe, séance de rattrapage mardi et mercredi sur sport+ ou compte rendu sur le forum treiziste le plus célèbre de la planète.

Point de compte rendu donc, mais un chiffre: 8350. 8350? Est-ce le prix de la nouvelle Logan ou celui de dernière vitrine du Juste Prix? Et bien non. 8350, c'est l'affluence officielle enregistré au stade Gilbert Brutus pour le compte de cette seconde journée de Super League. Une affluence honorable, dans le tendance de la saison passée. En prenant en compte qu'Hull KR n'est pas le club qui déplace le plus de fans, une affluence qui peut nous laisser sagement penser que le potentiel spectateurs actuel des dragons est de l'ordre de 8 à 9000 âmes.

C'est légèrement en dessous de la moyenne de la compétition, au niveau des affluences moyennes/basses du Top 14, au dessus de la moyenne de la Ligue 2 de foot et plus que ce que n'a jamais réunit en France un match de championnat de sport en salle. C'est surtout un chiffre qui est source d'enthousiasme: le Rugby à XIII possède un potentiel spectateur non négligeable, tout au moins à Perpignan.

Alors nos tribunes sont elles à moitié pleines ou à moitié vides?
Si celles de Brutus sont plutôt pleines, celles du championnat de France sont, elles, plutôt vide. Regardons par exemple quel est le succès de cette 16ème journée de LER. A St Estève, la plutôt sympathique affiche UTC- St Go a cruellement souffert de la concurrence dragonesque. Le Moulin, peu enthousiasmé par la perspective d'une victoire annoncée, ne s'est pas rempli comme il sait si bien le faire. Le derby audois aura lui plutôt réussi à la buvette de l'Aiguille, mais les travées du Stade Ambert sont restés désespérément clairsemées. Une affiche Villeneuve-Albi n'a plus la saveur de l'époque, et comme rien ne se passait à Carpentras, le bilan reste bien pauvre.

Les recettes billetterie ne représentent que 15 à 20% des ressources des clubs professionnels, toutes disciplines confondus. Si cette dimension financière, bien que non négligeable n'est pas cruciale, attirer le public dans les stades et le fidéliser n'en est pas moins un enjeu fondamental. Le public attire les partenaires et les médias, rassure les élus, et ces trois là sont ceux qui financent les 80% restant des budgets.

Et c'est là qu'intervient le marketing, le vrai! Si nos clubs sont des entreprises, alors notre public et nos partenaires sont nos clients. Qui sont-ils? Que cherchent-ils? Que fait-on pour les satisfaire? Pour les accueillir dans des conditions optimales? Combien sont-ils prêts à payer? Pour quel type de spectacle? Comment communique-t-on avec eux? La liste est tellement longue que tu iras plus vite de te référer au Kotler & Dubois.

Certains ont pu s'offusquer que je singe la "révolution marketing" du Feuceuleu. Ce n'était pas tellement Lézigan que je singeais mais plutôt un état général d'absence de compétences, une déconnexion du rugby à XIII avec ce qu'est le sport professionnel en 2008. Vendre des maillots roses, c'est bien du marketing, mais cela n'a rien à voir avec une révolution. Les bénévoles font ce qu'ils peuvent, mais le sport est devenu une industrie et sa gestion un métier.

Le Marketing, c'est l'ensemble des actions mises en œuvre par une organisation pour satisfaire ses clients. Vendre des polos peut être un élément de cette démarche, mais ne constitue pas en soit ce que l'on peut appeler une révolution!

Avec un peu de bonne volonté et l'apport de quelques compétences extérieures, nos tribunes pourraient rapidement cesser d'être à moitié vides. Les dragons, après deux ans de Super League commencent à le comprendre. Alors messieurs des clubs et de la Ligue, ouvrez vos portes aux marketeurs et laissez-les vous aider à inventer le XIII du 3ème millénaire, votre tribunes seront très vite à moitié pleines.

samedi 16 février 2008

Adam Mogg et le trésor du castillet

Quelle est donc cette idée qui me trottait dans la tête durant les trente premières minutes du match à Castelford samedi dernier? Qu'est-ce qui ne tournait pas rond? Le ballon était bien ovale, les lignes bien droites et l'arbitre bien anglais. Le petites anglaises chantaient, Gorrel plaquait à tour de bras, Stacey n'était plus là, OK, mais jusque là rien de choquant!

Et pourtant...dominer autant sans marquer allait à l'encontre de tous les théorèmes treizistes que j'avais appris jusqu'alors. De celui de Bennet à celui de Noble, en passant par celui de Pythagore, aucun ne justifiait telle anomalie. Tous ceux qui ont mis des crampons un jour le savent, quand tu domines, il faut marquer, et si tu ne marques pas, ce sont les autres qui le font. Et les autres le firent...

Mais, à bien y regarder, pour marquer, il te faut bien plus que dominer. Pousser, c'est bien, mais face à un mur, tu finis toujours par te casser le dents. Pour marquer, il faut une étincelle, un déclic, une inspiration, un engagement décisif. Il te faut des créatifs, des matchs makers. Il te faut...des attaquants.

C'est alors que la caméra balaya les tribunes et s'arrêta un instant sur un sorte de sosie de Nicolas Cage. Et l'ampoule s'alluma! (cela m'arrive encore un peu de temps en temps à mon age) Que je compris ce qui clochait, que je perçus dans un éclair de génie aussi foudroyant que l'accélération d'une Acadiane qu'une pièce maitresse manquait sur l'échiquier.

Si Adam Mogg avait pu rejoindre la troupe, le match serait plié de puis un moment! S'il avait revêtu la tenue de gladiateur au lieu de rester tranquillement assis en en pantoufle-survet dans la tribune présidentielle à susurrer des mots doux à son poteau Micky, les tigres auraient moins fait les malins. Avec Mister Mogg sur le terrain, je peux te parier une boite de smarties contre deux pokemons, que le brave félin aurait rapidement pris deux crochets en travers et l'artiste aplati autant de fois au pied des poteaux.

Et c'est là que ça m'échappe! Les observateurs l'avaient déjà remarqué l'année dernière, les catalans ont un paquet d'avant à faire frémir les plus vaillants descendants de l'amiral Nelson. Pourquoi alors le recrutement s'est-il concentré sur un énième gaillard. Tout Dane Carlaw qu'il soit, avions réellement besoin d'un big man supplémentaire? Pourquoi ne pas s'être payé à la place ce qu'il manque cruellement en France, un centre? Alors j'en conviens, nous sommes tous surs qu'il va devenir énorme la bête, qu'il va en secouer du rosbeef. On ne peut pas avoir porté six fois le maillot des Kangourous, douze celui des maroons du Queensland, avoir été une des poutres des Broncos pendant huit ans et et perdre son rugby en quelques petites heures d'avion.

Mais était-ce réellement une priorité? Que reste-t-il derrière à part Wilson quand notre Benjamin Gates est blessé? Wilson est un taiseux, un de ceux dont toute bonne écurie a besoin, un polyvalent qui te tiendra la route de Wigan à Melbourne pourvu que tu n'oublies pas de lui faire la révision des 10000. Mais ensuite...des jeunes français surement pétris de qualité mais qui sont encore pour l'heure dans leur période d'apprentissage.

Potter voulait un skipper, il ne l'a pas eu. Finalement une bonne nouvelle pour notre Thomas national qui va enfin pouvoir exprimer l'entière dimension de son talent! Mais il nous faut un centre! Un vrai! Un qui fait des crochets, des feintes de passes, qui prend des intervalles, qui fait des passes de basketteurs (vous avez vu la passe de Walker la semaine dernière?). Il nous faut un chasseur de ligne, un altruiste, un funambule. Il nous faut un second Adam Mogg!

En attendant le second, c'est bien celui-là qui sera sur la pelouse ce soir. Et contrairement à Benjamin Gates, c'est aux autres qu'il les pose les énigmes! Comment arrêter ce funambule lancé balle en main à l'assaut de la terre promise? Espérons que tu ne me feras pas mentir Adam, que tu vas les secouer les gars de l'East Yorkshire!

Et dans tous les cas, Adam, si tu as un frère, un cousin ou même un ancien voisin qui a des cannes comme les tiennes, je veux bien l'héberger quelques mois. Pour le salaire, tu t'arranges avec Bernard...