jeudi 6 décembre 2007

Recherche entraineur francophile


Il ne viendra pas. Après multiples émois, Mat Head a annoncé se décision définitive: il refuse la proposition des dragons et s'engage pour les tigres des quartiers ouest. Souvenons-nous des déclarations du staff des Dragons à fin de la saison: "Nous recherchons la perle rare". Après Dobson, c'est donc la seconde "perle rare" qui refuse de venir faire admirer ses beaux reflets au public de Brutus.

Remplacer sa majesté Stacey (même si sa couronne brillait un peu moins en Catalogne que sous le soleil des antipodes) était, il est vrai mission périlleuse. Dixit Sebastien Munoz, "nous nous orientons vers une charnière Bosc - Mc Guire". Deux interprétations sont dès lors possible: soit Bosc est la perle rare et c'est tout le mal qu'on lui souhaite, soit nos amis, en voulant ferrer le gros poisson n'ont rien pu ramener d'autre qu'un paquet d'algues! Mais, les aléas des transferts font partie de la vie d'un club.

Après la -brève- tentative Frayssinous en 2006, voila une occasion unique de revoir un français aux commandes de nos fiers Dragons. Un français aux commandes, voila une phrase qui sonne étrangement à mes oreilles. Les français ne commandent pas. Pas au Rugby à XIII en tout cas. Depuis deux saisons les dragons sont sous influence australienne. Les clubs d'élite tournent autour de leurs étrangers (quand ils peuvent s'en payer). Gresseque et Berthézene ont eu du mal à s'imposer, malgré leur poste respectif, comme des leaders lors de leur expérience outre manche.

D'où vient donc cette timidité qui se ressent jusque dans le jeu de notre équipe nationale? Je suis persuadé que nous sommes sous influence. Que les anglo-saxons ne savent pas reconnaître et exploiter nos qualités propres. Qu'ils nous entretiennent dans un complexe d'infériorité que leur suggère leur statut de sujet de sa majesté.

Je lance alors une annonce: recherche entraîneur francophile: nous ne sommes pas comme vous messieurs: nous avons besoin de confiance, de liberté, de coup de pied au cul...enfin, nous sommes français!

dimanche 2 décembre 2007

Roanne et les trésors du pacifique

Fait assez rare pour le souligner, Roanne s'est imposé hier sur son terrain face aux couguars de Corbeil. Une victoire étriquée, mais une victoire tout de même face à une équipe francilienne que l'on peut aisément qualifier de plus grosse déception de ce début de championnat.

Mais alors que c'est-il passé à Roanne? Quelle potion magique concoctée par le gourou en chef Didier Ouali a donc pu transcender à ce point les joueurs de la Loire? La réponse ne vient pas de l'infirmerie mais plutot du portefeuille. Le président Vizier s'est offert deux joueurs du pacifique. Des pacifistes? (elle était facile!) non, non, des joueurs du pacifique taillés dans le rock et capables apparemment à eux seuls de modifier le cours de l'histoire de notre élite 2. Deux guerriers venus à grand renfort d'Euros sonnant et trébuchants offrir leurs compétences rugbystiques dans ce coin gelé de notre beau pays. Car, soyons-en sur, en plus du bonnet et de l'écharpe, l'investissement réalisé pour faire venir ces deux là ne se résume pas à un pot de Nutella.

Alors bon, c'est plutot bien, me direz-vous. Toi, mon cher Damo, chantre du professionnalisme, apôtre du progrès, tu devrais applaudir des deux mains cette initiative brillante, cet investissement gagnant, cette plongée dans le monde du rugby business. Et bien non, aujourd'hui ça ne passe pas. Cette recette des îles me reste en travers de la gorge, je ne peux me résoudre à digérer ce ragoût pacifique concocté par nos amis Roannais!

Certes, Roanne a été un grand du rugby français, le club fait partie du patrimoine treiziste: club fondateur de la ligue de 34, champion en 39, 47, 48, vainqueur de la coupe en 38, 61, 62 . Mais que reste-t-il de Roanne aujourd'hui? Une bande de mercenaires encadrant quelques pauvres joueurs du cru recrutés car ils passaient un peu trop près du stade Malleval. Pas de public, pas de structures, un entraîneur habitant en région parisienne; mais surtout pas de junior, pas d'école de rugby et pas de projets...

Alors je suis triste pour Roanne et je me dis qu'un petit calcul rapide s'impose. Un entraîneur renommé + deux joueurs du pacifique+ quelques mercenaires catalans ou audois, ça doit bien faire assez d'argent pour payer deux éducateurs à plein temps! Quitte à ne pas avoir de public ni de résultats, changez la donne messieurs, investissez dans le futur.

Alors j'oublie Roanne et je me mets à rêver. Puisque nous semblons largués par le sport Business, abandonnons tout! Cessons de payer nos joueurs et alignons le dimanche des bandes de fiers villageoisvenus pour se faire offrir une mousse bien fraiche. Le public, nous n'en avons pas, il ne risque pas de partir. Les sponsors, nous n'en avons pas (ou si peu), ils ne nous manqueront pas beaucoup. Le budget cumulé de la LER est quelque chose comme 5 M€. Si on laisse 1 M€ aux clubs pour payer leurs frais et à 40 000€ annuel par éducateur, cela permet, rien que pour la LER, de financer ....100 emplois! Relayé par les médias et en surfant sur la vague des mécontents du sport dollarisé, l'impact est assuré!

Alors messieurs les présidents, je vous en conjure, fermez les tirroirs caisses. Après avoir porté au firmament le rugby professionnel, les treizistes viennent de réinventer l'amateurisme!





samedi 1 décembre 2007

L'autre rugby

Tu as de la chance aujourd'hui ami lecteur, tu as droit à une double dose dans ton blog préféré pour ce samedi 1er jour du mois de décembre.


En effet, alors que j'allais me préparer à suivre sur canal+ un nouvel épisode du championnat de France de "l'autre rugby" je n'ai pu m'empêcher de réagir à ce que j'ai vu sur le site de nos amis de Limoux XIII. Après notre fédération dont l'incompétence en matière de communication explique facilement cette erreur de positionnement, voilà donc au tour de Limoux XIII de revendiquer "l'autre rugby". En existerait-il donc un autre? Non, là je te branches cher lecteur car toi, qui est déjà sorti -peut-être pas souvent mais quand même- du sacro sain triangle Perpi-Carca-Narbonne, tu sais bien qu'il en existe un autre: le Rugby à 7!

L'autre rugby? Regardons cela de plus prêt: il existerait un rugby, qui serait légitime, que l'on connaîtrait, qui serait en quelque sorte la forme officielle, et puis il en existerait un autre! Un autre, mais pour quoi faire? Nous avons déjà un rugby! Cette vision très française, encrée dans notre mentalité de minoritaires, notre éternel complexe d'infériorité, notre sempiternel manque de confiance est très éloignée de la réalité: le Rugby à XIII est le Rugby. Pas "l'autre rugby", non, c'est le rugby! Celui que nous pratiquons, que nous aimons. Celui qui, issu de l'imagination fertile des pionniers du 19ème siècle est venu révolutionner le paysage sportif. Pourquoi la pratique traditionaliste serait-elle plus légitime que celle des progressistes? Pourquoi ne seraient-ils pas, eux, "l'autre rugby"?

Mal persistant, cette peur de l'émancipation nous empêchera toujours de trouver notre place. Qui se soucie des Ersatz?
D'où vient donc ce besoin de sans cesse se comparer à nos cousins? (Vous remarquerez que je ne site pas leur nom, peut-être que faire un article tout entier sur le rugby sans parler du...est possible?). Pas un match sans que je n'entende dans les tribunes un missionnaire tenter d'expliquer à un gentil novice que les placages sont plus appuyées, les mêlées non poussées,...Que par rapport à eux, blabla, blabla...

Je dis stop à la comparaison! Il est temps de prendre son envol, de renier sa famille, de voler de ses propres ailes. Il est temps d'être fier et droit!

Le handball et le Basket sont deux sports cousins qui vraisemblablement ont la même origine. De même, le rugby et le football ont également un passé commun. On ne passe pourtant pas son temps à disserter sur les similitudes entre Zidane et Michalak quand l'on commente les résultats du quinze (Et Mer...je l'ai dis, tu aurais pu me prévenir lecteur!).

Alors, je vous en prie messieurs, laissez vivre LE RUGBY!

Les canaris ne sont pas cuits

Tout avait mal commencé ce matin. Après avoir fait mon petit tour quotidien de mes sites d'info préférés, je me ruais sur un forum bien connu pour connaitre le score de la première rencontre de cette journée de LER. Carcassonne / Albi, voilà une affiche qui sent bon la nostalgie pour ceux (dont je ne suis pas) qui ont connu le Rugby à XIII avant Mitterrand.

Carcassonne, tiens donc, ce ne serait pas le club de notre ami pourfendeur de la cause treiziste sur la toile? Celui qui peste sans arrêt sur l'incompétence de la fédération en terme de communication, celui qui, tel un chevalier es marketing du sport, inonde les forums (un peu moins il est vrai depuis quelques temps) de ses conseils médiatico-publicitaires? Il n'en fallu pas plus à votre serviteur pour passer la troisième sur Google et foncer pied au plancher jusqu'au site jaune et noir. Pendant les quelques secondes que dura le voyage je n'avais qu'une seule pensée en tête, une seule obsession. Tel un teckel au trousse d'une bête rousse blessée je me ruais sur ma proie avide de sang, les dents acérés, le muscles tendus, les doigts prêts à dénoncer par l'intermédiaire de mon clavier l'incurie de ce donneur de leçons.

Et là, mon obstination fut récompensée, mon intuition gratifiée, ma soif de nuire assouvie: rien, mais alors absolument rien! Le site n'était pas à jour et il était 12h30! Te voilà donc pris fier internaute! Que ton laxisme soit révélé à la face du monde! Que tu sois mis au pilori Webtreizste! Et me voilà alors prêt à rugir et tout le monde va en prendre pour son grade, le webmaster magnifique, le club, la fédé, les treizistes, Sarko (je ne sais pas pourquoi mais ça fait du bien), le facteur (il n'avait pas à me déranger à ce moment là) et même toi cher lecteur pour qui j'ai du vivre cette terrible déception. Si même les donneurs de leçons ne sont pas à la hauteur, où va-t-on?

Voyez comme l'on peut être méchant. Il était exactement 12h32 quand, en rafraîchissant une dernière fois le page du site canari - il est vrai plus par acquis de conscience que par réelle conviction- je le vis s'afficher, fier et droit, presque prétentieux, le titre de l'article que j'avais tant espéré: " Victoire Carcassonnaise sur Albi". Et ce n'était pas une coquille vide, non, un vrai article, avec des vraies photos prises par Gérard BARRAU qui, avec Fabien SAVONNE d'Avignon, mérite haut la main le titre de masterliguephotographe!

En y regardant de plus près, il s'agit de l'article de l'Indépendant. Mais rendons à César ce qui est à César, ou plutôt à Hugo de qui est à Hugo: il en faut du courage pour se lever à 12h un samedi matin et, par un périlleux contorsionnisme de Ctrl+V, Ctrl+C, mettre à jour pour une bande d'ingrats le site du club de son coeur.

Bravo, maître treizinaute, vous m'avez bluffé: les canaris ne sont pas cuits